En attendant de dévoiler l'affiche le 4 mai et la programmation complète le 10 juin, on est très heureuxses de vous présenter les 5 projets retenus pour l'Exploratoire au Castrum 2026.
Depuis 2023, Le Castrum accueille et accompagne des projets de création en espace public au sein de l'Exploratoire, un dispositif de résidences destiné aux compagnies et artistes souhaitant développer une étape de travail ou une recherche artistique sans obligation de forme aboutie.
Le jury, composé d'Anne-Christine Liske du far° Nyon, de Charlotte Mathiessen du Zirkusquartier Zürich, et des 4 programmateurices du Castrum, a choisi 5 projets sur 36 candidatures reçues :
➤ NYXTERIDA - SPPI (Société protectrice de petites idées) et Les papillons de nuit
➤ Nez noir - compagnie Cirqu'en Choc
➤ Chutes libres - compagnie Sept fois la langue
➤ Long Time No See - collectif CATACLOP
➤ Verte et les oiseaux - collectif Piou Piou
Nous vous les présentons ci-dessous.
NYXTERIDA
SPPI (Société protectrice de petites idées) et Les papillons de nuit
NYXTERIDA débute comme une conférence scientifique pour glisser peu à peu vers une hallucination nocturne. À la lisière de la forêt, un chiroptérologue vous accueille. Tout semble encore stable, explicable. Puis la marche commence.
À mesure que l’on s’enfonce dans les bois, le discours humain laisse place à d’autres voix : celle des chauves-souris rendues audibles aux oreilles humaines par des appareils convertisseurs de fréquences.
Pensé comme une rencontre inter-espèces, le spectacle tisse des liens entre humain·es et chauves-souris, mêlant savoirs, sons d’écholocation enregistrés in situ, et imaginaires. Six artistes — scientifique, acrobates, danseureuses, plasticien·nes — composent ce projet, à la frontière entre le documentaire et la série Z, qui nous emmènera observer tout un tas de choses. Des choses qui viennent d’ailleurs. De très loin ou de très près.
Le premier contact avec les chauves-souris sera-t-il un point de bascule ?
Peut-être que oui, celui où les êtres inconnus prolifèrent et où la science moderne trébuche.
➤ Phase de création : tests in situ, tests techniques (lumière, son, costumes), écriture.
NEZ NOIR
Compagnie Cirqu’en Choc
« En dé-coudre avec mon passé. Démêler les fils de mon identité mé-tissée au sens propre et figuré. Jouer avec les maux, détricoter l’image de la Suisse qui n’aurait rien à se reprocher. Faire la nique à l’extrême droite et aux préjugés. Avec humour, embrasser l’animalité dans laquelle on m’a souvent enfermée. Bêler ma colère à qui veut bien l’entendre. Danser sur les frontières des esprits étriqués. Régler mes comptes avec le Valais, cette région gravée dans mon cœur dont le vin Nez Noir de Rouvinez est mon préféré. Faire la promotion gratuite de la race des Nez Noir, ces moutons qui, contrairement à ceux des affiches de l’UDC, font notre fierté. Rappeler qu’être née noire n’est pas une tare mais que pourtant on nous la fait encore payer. Reprendre le pouvoir et telle Maya Angelou, toujours m’élever. M’élever et marcher la tête haute. Et tant qu’à faire, sur des aiguilles… »
Nez Noir c’est l’histoire d’une Suisse qui croit souvent qu’elle n’a rien à se reprocher. Un spectacle qui tisse un récit intime et politique autour des héritages postcoloniaux en Suisse et en Valais. À travers la mémoire des zoos humains, du « bal nègre » de Saint-Maurice ou des activités d’Alusuisse sur des terres aborigènes, l’histoire refoulée affleure.
Sur son fil de fer, Estelle Samira Borel défie les regards, déjoue les assignations, affirme la complexité des identités au-delà des clichés. Par le texte, la musique et des fragments autobiographiques, l’artiste donne à entendre la violence du racisme ordinaire et systémique et ses empreintes durables.
➤ Phase de création : fin de création, tests avec le public.
CHUTES LIBRES
Compagnie Sept fois la langue
Dans l’espace public, on passe, on se croise, on s’évite, souvent sans se voir. Pourtant, derrière chaque trajectoire, il y a des déséquilibres, visibles ou invisibles. Avec Chutes libres, six interprètes investissent la rue pour donner corps à ces instants où tout vacille.
Sauter, rouler, tomber, se rattraper : une partition physique, rythmique et visuelle se déploie, portée par une joie tenace. Le mobilier urbain — portes, lampadaires, escaliers — devient partenaire de jeu et terrain d’écriture.
Entre déambulation et formes fixes, sur deux espaces, la pièce tisse un parcours non verbal où les corps racontent ce qui nous traverse.
Car tomber ne relève pas seulement de l’accident : c’est aussi éprouver ses limites, ses élans, ses excès. Dans la rue, chacun·e chute à sa manière, souvent seul·e, parfois sans le savoir. Chutes libres révèle ces fragilités partagées et fait émerger, au coeur du quotidien, une humanité commune, sensible et infiniment vivante.
➤ Phase de création : tests de chutes en public, pourquoi et comment tomber, tomber à plusieurs, recherches techniques et acrobatiques.
Long Time No See
Collectif CATACLOP
À l’heure des messages instantanés et des présences démultipliées, nos liens se tissent de plus en plus à distance. Nous nous éloignons physiquement, tout en inventant sans cesse de nouvelles façons de rester proches. Au coeur de cette recherche, le motif de la carte postale réapparaît : ces images simples, presque désuètes, qui racontaient à la fois un lieu et un état d’être — « je suis là, je pense à toi ».
Aujourd’hui, nous n’écrivons presque plus de cartes, mais le besoin demeure. Dire où l’on est, partager une lumière, une sensation, inviter l’autre à exister avec nous, même de loin.
Ce projet explore les manières de « tenir ensemble » malgré la distance. À travers la collecte d’histoires, d’anecdotes et de pratiques sensibles, il s’ancre dans les régions lacustres romandes et pourrait prendre la forme d’un radeau, qui servirait d’espace de permanence et de dérive.
Le Castrum invite le collectif CATACLOP pour une première étape de recherche afin de recueillir une matière documentaire; des histoires de liens, d’absences et de souvenirs.
➤ Phase de création : ateliers participatifs autour des relations à distance, récoltes textuelles et sonores, restitution du matériel reçu.
Verte et les oiseaux
Collectif Piou Piou
Et si les oiseaux étaient plus grands que les humain·es ? Et si leur voix prenait le dessus ? Et si l’on changeait de regard le temps d’une histoire ? C’est le parti pris du collectif Piou Piou qui nous racontera l’histoire de Verte et les oiseaux écrite par Pinar Selek.
Quelque part dans une forêt, une vieille dame soigne un pigeon blessé, qui lui apprend à parler la langue des oiseaux. Mamie Terre l’enseigne à son tour à sa petite fille, Verte, et les deux humaines se lient d’amitié avec des oiseaux. Mais les volatiles de tous les cieux s’inquiètent : les humain·es seraient-iels en train de coloniser le ciel ?
Deux comédien·nes masqué·es, incarnant des oiseaux, viennent partager ce conte initiatique à la fois écologiste et féministe. Depuis leur nid mobile, iels créent la musique faite de samples d’oiseaux en direct tout en manipulant des marionnettes humaines d’environ 30 cm. Le spectacle joue avec les changements d’échelle, les interactions entre les différentes tailles et leur renversement, dans un esprit ludique et inventif.
➤ Phase de création : ateliers participatifs et tests dans différents lieux.